HISTOIRE

  1. Galilée et le messager des étoiles Galilée et le Messager des étoile
  2. Kepler
  3.  Galilée dévoilé et Galilée amoureux
  4. Comètes au XVIIIe siècle : Cliquez sur le lien : Comètes au XVIIIe 
  5. Eclipses au XVIIIe siècle : Eclipses     
  6. Le méridien au XVIIIè : Le méridien au XVIIIe     
  7. Le Cancer et l'amas de la Crèche avec les observations de Galilée.                                                                       


1  Galilée et le messager des étoiles

Francis MICHEL
18 fevrier 2017

Le messager des étoiles (sidereus nuncius) est un petit livre en latin (mai 1610) dans lequel Galilée expose les observations qu'il a faites pendant l'hiver 1609-1610 avec sa lunette. C'est un opuscule destiné à tout public cultivé. Son premier tirage de 500 exemplaires fut épuisé dès sa parution. Il décrit l'observation de la Lune, des étoiles et des satellites de Jupiter. Vénus était visible en décembre 1609 mais Galilée ne rapporte aucune observation car à cette date Venus était pleine, donc sans rien de particulier. Le croissant ne fut pas visible avant septembre 1612. Saturne était visible avec les anneaux en hiver mais Galilée ne disposait sans doute pas d'une lunette suffisamment puissante et il fallut attendre l'hiver suivant. Ces deux observations furent rapportées dans Il Saggiatore en 1623 mais aussi dans des lettres plus anciennes. 

Un très beau Facsimile de l'édition latine est diponible sur Internet:

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9907264

Une traduction anglaise du Messager des Etoiles est disponible sur internet.

https://people.rit.edu/wlrgsh/Galileo.pdf

Il n'y a pas à ma connaissance de traduction disponible gratuitement en français sur Internet. Plusieurs éditions en français sont disponibles.

Galilée et le Messager des Etoiles

D'abord : en français une lunette astronomique est un instrument construit avec des lentilles uniquement et le télescope comprend des miroirs. En anglais seul le mot telescope est utilisé.

La Lunette

Galilée en 1610 à l'âge de 45 ans publie un petit ouvrage relatant les observations qu'il fit avec une lunette astronomique pendant l'hiver 1609-1610. Il semble qu'il fabriqua son instrument d'après un instrument hollandais qu'il put voir à Venise. Cette lunette ne devait pas grossir plus de deux ou trois fois et c'était plus un jouet qu'un instrument scientifique. Galilée disposait d'un petit atelier et d'un technicien. Il put rapidement améliorer cet instrument en taillant des lentilles plus performantes.

Les lunettes de Galilée au musée de Florence et une lentille :

L'objectif est une lentille convexe et l'occulaire est concave. On voit sur le schéma que l'angle sous lequel on voit l'objet est plus grand que l'angle réel. 

La lunette de Kepler (modene) comporte deux lentilles convexes. L'image est à l'envers mais le champ est beaucoup plus grand :

 A Venise la taille du verre était bien connue. On faisait déjà des lentilles de grande focale pour améliorer la vue des hypermétropes qu'il utilisa comme objectif avec un focale de l'ordre du mètre, une dioptrie. La taille de l'oculaire est plus complexe. C'est une petite lentille concave qui doit avoir une distance focale inversement proportionnelle au grossissement qui est égal au rapport des deux focales. Sa première lunette a un grossissement de huit soit 1m et 12,5cm. Une lentille de 12,5cm est de -8 dioptries déjà bien plus forte que celles utilisées pour corriger la vue des myopes. Un utilisant une petite sphère abrasive il arriva à polir des oculaires de 5cm puis de 3.3cm de focale qui donnent respectivement des grossissements de 20 et 30x pour un objectif de 1m.

Pour évaluer le grossissement de son instrument il dessine des rectangles semblables et de différentes proportions sur un mur. Il observait d'un œil un petit rectangle avec la lunette et avec l'autre un rectangle plus grand sans lunette et il cherche à superposer les deux images ; le rapport est le grossissement. On peut expérimenter facilement ce procédé avec un œil sur une branche de jumelles et l'autre sans instrument et observer un mur de briques. On compte le nombre de briques de la petite image dans l'autre et on vérifie que cela correspond au grossissement des jumelles.

La seconde propriété de la lunette est le champ, l'angle de vision. Par exemple la Lune ayant un diamètre de 30' (½ degré) si on observe la moitié du disque le champ est de 15'. Le champ est en gros inversement proportionnel au grossissement et proportionnel au diamètre de l'oculaire et de l'ouverture de la pupille

La nuit le champ est plus large car la pupille est plus ouverte. Pour l'observation du ciel nocturne le champ des différentes lunettes de Galilée variaient de 10' à 50' pour des grossissements de 20 à 8x. On verra ce que cela implique pour l'utilisation de l'instrument.

Il est étonnant que Galilée n'utilisa pas un objectif convexe et plus facile à fabriquer dont Kepler fit la théorie, et ce qui donne un champ largement supérieur pour un même grossissement. Peut-être cela est dû au fait que pour la lunette de Kepler l'image est à l'envers et que cela pose un problème de pointage. Pour les lunettes actuelles on dispose une petite lunette de Galilée dit chercheur sur le tube de la lunette.

Passons maintenant aux observations de Galilée dans l'ordre du livre.


Utilisation de la Lunette

Galilée pose la lunette sur une planche fixée sur un trépied.

Il pouvait régler son inclinaison avec un écrou et son orientation en tournant l'axe de la fixation sur le trépied. Quand on observe le ciel avec la lunette tournée vers le haut la tête est dans une position très inconfortable. L'astronome doit littéralement se coucher pour diriger sa tête vers le haut. Galilée ne décrit nulle part comment il faisait mais il a dû surement construire un dispositif adéquat pour de longues observations. Il semble qu'il était capable d'observer avec un œil et de dessiner avec l'autre. Comme le champ est très restreint il devait constamment réorienter sa lunette pour contrebalancer le mouvement du ciel en gardant l'objet en vue. Actuellement on utilise des oculaires coudés pour que l'observateur regarde dans un angle droit par rapport à la lunette.

Ce dispositif redresse aussi l'image.


La Lune

Voici les dessins de Galilée et une photo de ce qu'il pouvait voir avec une lunette dont le champ est à peu près 10' pour un grossissement 20x. Les détails sont fortement exagérés sur ses dessins pour mieux expliquer ce qu'il peut voir. Des points lumineux dans la partie sombres qu'il interprète comme des sommets éclairés de montagnes au lever du soleil. Par un calcul fort simple il mesure que ces montagnes on plus de 10 km de haut. Le grand cirque au milieu de la Lune n'existe pas. C'est un dessin très agrandi d'un cratère.

Dans ses notes on trouve des dessins nettement plus réalistes :

Les étoiles

« La lunette n'agrandit pas les étoiles mais bien leur éclat.

Les planètes sont des corps ronds et circulaires, pas les étoiles fixes. »

Il donne plusieurs observations d'amas d'étoiles. Pour Orion :

Les positions sont assez approximatives mais la carte donne une bonne idée de l'ensemble. La zone correspond à un champ de 10°x10°. Galilée doit donc observer et dessiner successivement de petites parties de la constellation.

Il dirige ensuite sa lunettes vers les Pléiades très bien visibles en hiver. 

Je superpose ci-dessous son dessin et une simulation

La disposition générale des étoiles est relativement bonne mais les distances ne sont pas précises. Il dessine des étoiles jusqu'à la magnitude 7,5. On voit sur la simulation celles qu'il n'a pas pu voir, mais certaines plus brillantes n'étaient pas dans le champ de la lunette.


Jupiter

Il fera ensuite ses fameuses observations des satellites de Jupiter

La première date du 7 janvier 1610 à « la première heure de la nuit » il dessine 

                                   *                                   *           O                           *

Il n'indique pas l'échelle mais avec le logiciel Stellarium  on trouve 

il s'agit donc de gauche à droite de Callisto, Io et Europa confondus et Ganymède

Dans les jours qui suivent il observe encore deux ou trois étoiles alignées et va écrire :

Je déclare hors de doute qu'il y a dans le ciel trois étoiles errantes autour de Jupiter, à l'instar de Vénus et Mercure autour du Soleil »

Mais le 13 il observe pour la première fois quatre étoiles ; en effet pendant six jours ou bien Callisto ou Ganymède était hors du champ ou un ou deux satellites étaient cachés par Jupiter.

Il va préciser ses mesures mais n'arrive pas à suivre les différents satellites qui ont le même aspect avec le grossissement de 30x, sa lunette la plus puissante. Il les dessine parfois de différentes grandeurs mais ce n'est pas très précis. Galilée n'arrivera pas à déterminer leur période de révolution autour de Jupiter. Ci-dessous une images recomposée des premières observations.

On voit bien qu'il est difficile d'identifier le mouvement des différents satellites

Son livre s'arrête brusquement après l'observation de Jupiter sans aucune conclusion mais annonce un ouvrage plus développé, son « système » : Le Dialogue sur les deux grands systèmes du monde (en italien : dialogo sopra i due massimi sistemi del mondo) est un ouvrage demandé à Galilée par le Pape Urbain VIII vers 1624 et publié en 1632. Plus de dix ans après le messager des étoiles.

Dans le voisinage immédiat de Jupiter et des Pléiades se trouvait Uranus :

La lunette de Galilée permet de voir cette planète aussi lumineuse que les satellites de Jupiter mais elle ne se trouve sur aucun dessin de Galilée. Uranus se trouve alors à 2°45' de Jupiter et donc nettement hors du champ de la lunette pendant les observations des satellites.

Par contre Neptune se trouve sur un dessin de décembre 1612 dans la configuration suivante :

Donc très proche des satellites et dans le même champ qu'une lunette qui grossit 20x. Il est nettement moins brillant que les satellites mais assez pour être observé. Voici son croquis :

extrait de http://www.lalyreduquebec.com/articles.php?lng=fr&pg=279

Je n'ai hélas pas de traduction du texte italien. Il ne fait aucune hypothèse quant à la découverte d'une nouvelle planète mais il a décelé son mouvement qui par rapport à Jupiter a dû être très visible car Neptune et Jupiter ont été en conjonction très serrée, environ une minute d'arc, deux fois le diamètre de Jupiter, le3 janvier 1612. 

Voir un excellent texte sur Galilée: http://www.astrosurf.com/luxorion/galilee-hommage.htm

__________________________________________________________________________

2  Kepler

Francis MICHEL
18 fevrier 2017

Kepler est un homme à plusieurs facettes ; on l'imagine souvent comme un scientifique brillant, protégé par des hommes illustres, tel Rodolphe II, collaborateur de Tycho Brahe et correspondant de Galilée. Tout cela est très inexact. C'était un petit homme souffreteux et maladroit. Sa vue était déficiente. Il fut effectivement aux services de Rodolphe mais surtout pour faire des horoscopes. Kepler, contrairement à Galilée était un homme modeste et discret. Il écrivit souvent à Galilée mais ne reçut que deux lettres de celui-ci. Quand à sa relation avec Tycho, elle fut souvent orageuse et à la mort de celui-ci ses héritiers ne lui ont pas permis sans difficultés d'utiliser ses observations.

Kepler avait une capacité de travail étonnante, il voyait peu sa famille. Il eut pourtant deux femmes et de nombreux enfants mais dont il ne souciait pas vraiment. Il écrivait tard, à la lueur d'une bougie et oubliait de manger. Il a souvent vécu dans d'autres villes d'Autriche sans sa famille et déménageait aussi rapidement que sa femme le rejoignait. Il eut des soucis parce qu'il était protestant et qu'il ne vivait pas toujours dans une ville de même confession. Il n'eut pas de vrais ennuis à part des cas de conscience car il était profondément croyant. Il pensait qu'un monde aussi « parfait » devait avoir un créateur, comme Newton d'ailleurs et même Voltaire. En 1596, il publie son premier ouvrage, Mysterium Cosmographicum. Un essai pour le moins ésotérique où il trouve une relation entre les orbites des planètes et les polyèdres réguliers :

Cet ouvrage lui donna cependant une renommée incontestable. Il devra quand même assurer sa subsistance en vendant des horoscopes auxquels il croyait d'ailleurs. Il faisait aussi des horoscopes pour lui-même.

L'Astronomia Nova

L'astronomie nouvelle (astronomia nova) est un ouvrage de Kepler de 1609, traduit pour la première fois du latin en français par Jean Peyroux en 1979. Le titre complet est :

ASTRONOMIE NOUVELLE

« EXPLIQUANT LES CAUSES »

Ou

PHYSIQUE CELESTE

Présentée par des commentaires

SUR LES MOUVEMENTS DE L'ETOILE

MARS

D'après les observations de l'Homme d'Illustre famille

TYCHO BRAHE

Sur l'ordre de et aux frais de

RODOLPHE II

Empereur des

ROMAINS ETC.

Fait à Prague

Avec une application obstinée de plusieurs années

Par le Mathématicien Sujet de sa très Auguste Majesté Impériale

JEAN KEPLER

Avec le privilège spécial de la même Majesté Impériale

En l'an 1609 de l'ère Denysienne

La formule « expliquant les causes » laisse présager que Kepler essaye non seulement de décrire le mouvement des planètes, comme ses prédécesseurs, mais de trouver le pourquoi de ces mouvements. On verra qu'il suppose qu'une attraction du Soleil et des planètes se fait à distance de façon dégressive avec la distance mais qu'il donne une curieuse cause magnétique de ce phénomène.

Déjà dans le titre il décrit son application obstinée ! Tout au long de l'ouvrage il fera des digressions sur sa façon de travailler et les différentes difficultés qu'il doit affronter. L'ère Denysienne est l'ère chrétienne fixée au sixième siècle par Denys Le Petit. Il fixa notamment le passage de l'année -1 à l'année +1 sans année zéro et les années négatives comptées à l'envers.(Les extraits du livre sont en italique avec les numéros des pages de l'édition française pas très différents de ceux de l'édition originale en latin.)

Page 3 (première ligne de la première page de texte)

La durée continue montre que les mouvements des planètes sont circulaires. Cela tiré de l'expérience, le bon sens conjecture aussitôt que leurs circuits sont des cercles. Car on estime que le cercle est la plus parfaite des figures, la voute céleste [le plus parfait] des corps. En réalité l'expérience semble informer différemment ceux qui observent avec zèle ; à savoir que les Planètes s'écartent de la voie de la ligne circulaire simple ; le plus grand étonnement s'élève qui pousse enfin les hommes dans la recherche des causes.

Kepler va longuement (près de 300 pages) expliquer comment Ptolémée et Copernic ont décrit ces mouvements avec des excentriques et des épicycles que ce soit avec la Terre ou le Soleil au centre de l'Univers. Il s'adresse manifestement à des astronomes « professionnels ». Il laisse penser qu'il va chercher les causes mais ne a pas vraiment modifier le système. Mais de ces causes (magnétiques) il va déduire assez bizarrement ses deux premières lois du mouvement des corps célestes.

Page 63

Quelque destin pousse secrètement des hommes vers des arts de manière qu'une partie [d'entre eux] sont mis aux mondes déterminés pour des travaux qui les rendent agents de la divine providence. Kepler comme Newton, près d'un siècle plus tard, explique que la perfection des mouvements célestes ne peut être que l'oeuvre d'un créateur. 

Descartes n'en est pas persuadé mais devra dès lors publier ses oeuvres en Hollande.

Page 277

Il est démontré que l'orbite de la Planète se détourne très véritablement du cercle établi et entre sur les côtés vers le centre de l'excentrique.

En conclusion du chapitre XLIV Kepler, dans un texte assez embrouillé qui camoufle partiellement ses intentions, dit que les orbites ne sont pas circulaires mais ovales. Les planètes sont plus proches du Soleil sur une partie de leur trajectoire. En développant cette idée il parvient à expliquer plus facilement l'interprétation des mesures de Tycho Brahe et parle d'un « triomphe éclatant ». Il « explique » ces mouvements par des attractions magnétiques du Soleil dues à sa rotation ce qui est, comme on le sait, est tout-à-fait faux. Il perçoit quand même que l'attraction du Soleil doit diminuer avec la distance mais sans arriver à la loi de l'attraction universelle de Newton qui donne une attraction proportionnelle à l'inverse du carré de la distance.

Page 379

Après un long chapitre sur la géométrie de l'ellipse, avec des références à Apollonius, Kepler énonce enfin ses deux lois du mouvement des planètes (la troisième sera découverte plus tard) 

La Planète, sur le diamètre déployé vers le Soleil est supposée s'approcher du Soleil et s'éloigner de lui et faire par cela une orbite elliptique ; de plus dans chaque point de l'orbite faire des délais aussi grands qu'est la distance de ce point au Soleil. Deux choses sont surprenantes dans ces énoncés : il ne dit pas que le Soleil occupe un des foyers de l'ellipse et il ne mentionne pas ce qu'il entend par distance au Soleil, ce qu'il sait parfaitement. L'orbite étant elliptique la distance de la planète au Soleil n'est pas constante. La distance dans les lois de Kepler est la longueur du demi grand axe de l'orbite elliptique.

Les trois lois de Kepler dans leur formulation actuelle :

Les deux premières en 1609 donc:

1 : Les planètes du système solaire décrivent des trajectoires elliptiques dont le Soleil occupe  un des foyers.

2 : Le vecteur Soleil-planète balaie des aires égales pendant des intervalles de temps égaux.

La troisième ne sera publiée qu'en 1619 dans Harmonices Mundi :

3 : Le carré de la période sidérale d'une planète est proportionnel au cube du demi-grand axe de la trajectoire elliptique de la planète)

L'ouvrage se termine sur la cause de la variation de la latitude écliptique de Mars qui découle de l'inclinaison de l'orbite. Ce livre très ardu n'a pas eu de succès, Galilée ne l'a surement pas lu. De toute façon il n'aurait jamais abandonné le système de Copernic, pourtant système complexe qui bien qu'héliocentrique comportait de multiples cercles et excentriques nécessaires pour faire des tables astronomique relativement exactes. C'est l'hypothèse des orbites elliptiques qui fut déterminante pour adopter le système héliocentrique. Il faut d'ailleurs comprendre que les observations de Galilée n'étaient pas une preuve de ce système. Il fallut attendre le début du XIXème siècle avec la mesure de la parallaxe stellaire par Bessel pour avoir une preuve indéniable du mouvement de la Terre autour du soleil.

En 1610 Kepler eut connaissance un peu par hasard des découvertes de Galilée faites avec sa lunette; il lui écrivit une longue lettre (publiée) dans laquelle il discute ses observations. Il n'a jamais possédé de lunette mais a pu disposer pendant deux mois de la lunette d'un ambassadeur de Toscane. Il fut le premier à vraiment confirmer la réalité de ces découvertes. Il fait une amusante hypothèse pour expliquer la forme parfaitement circulaire d'un cratère décrit par Galilée :

En 1611 il publia sa « dioptrique » dans laquelle il exposait une théorie complète de la lunette lunette de Galilée mais aussi d'une lunette avec deux lentilles convergentes comme on les construisit dans la suite. Il faudra cependant plus de vingt ans pour que Hevelius en fabrique une. Quand Picard fit la première triangulation près de Paris en 1669 il utilisa encore une lunette de Galilée fixée sur un quart de cercle. Il était important que l'image soit à l'endroit pour viser un repère.

En marine d'ailleurs on n'utilisait que la longue-vue, une lunette de Galilée extensible pour faire la mise au point.

Les premières jumelles - notamment les jumelles de théâtre - étaient constituées dedeux lunettes de Galilée accolées.

Mais revenons-en à Kepler. En 1619 l'ouvrage, Harmonices Mundi, énonce la troisième loi fondamentale et une théorie sur l'harmonie musicale. Il reste très préoccupé par les grandeurs des orbites des planètes et c'est fort fortuitement qu'il découvrit sans démonstration la troisième loi qui porte son nom. Le carré de la période sidérale d'une planète est proportionnel au cube du demi-grand axe de la trajectoire elliptique de la planète.

On trouve souvent la distance moyenne au lieu du demi grand-axe. Dans à peu-près tous les ouvrages de mathématique on note « a » le demi-grand axe comme un des paramètres de l'ellipse.

Kepler meurt en 1630 à Ratisbonne, à l'âge de 59 ans.

 Pour en savoir plus je renvoie à « Les Somnambules » d'Arthur Koestler ou « Les Bâtisseurs du Ciel » de Jean-Pierre Luminet » ouvrages toujours disponibles à lire comme des romans.

Galilée Dévoilé

Francis MICHEL

19 février 2017

  Quand je donne un cours d'histoire des sciences, je présente Galilée comme un savant révolutionnaire qui changea le cours de l'astronomie et même des sciences. Ses expériences de mécanique ont débouché sur l'énoncé de nouvelles lois qui ont initié les lois de Kepler et de Newton ? Son procès l'accusant d'être copernicien a été magnifié maintes fois au cours de l'histoire. Mais Galileo Galilei était aussi un homme ; il était opportuniste, avide de gloire et il aimait les femmes. Ce n'était pas le vieillard à longue barbe qu'on représente le plus souvent, mais un homme coquet et séduisant. Voici une histoire un peu iconoclaste de sa vie, pleine d'erreurs bien sûr mais c'est une ébauche de roman fruit de mon imagination qui s'inspire de faits réels sur lesquels je brode des anecdotes peut- être possibles mais sans sources bien documentées.

  Le père de Galilée était un musicologue florentin. Curieux de tout, sa bibliothèque était riche d'œuvres notamment scientifiques. Son fils Galileo très précoce lisait ces ouvrages avec passion et décida d'être mathématicien. Les seules études qui menaient à la science c'était la médecine. Il menait une vie d'étudiant ne négligeant pas les beuveries. Il commença à pratiquer son art mais sans passion. C'est à cette occasion qu'il rencontra une femme, une riche veuve qui devint sa concubine avec laquelle il eut une fille. Mais l'occasion se présenta de devenir professeur de math à Padoue et il laissa sa famille à Florence. Sa fille faute de père prit Jésus comme modèle et rentra dans les ordres sous le nom de Marie-Céleste. Retirée dans son couvent elle se refugia dans l'amour du Christ. On n'entend plus parler d'elle avant la vieillesse de notre savant.

  Galilée enseigne la géométrie d'Euclide comme c'était l'usage, il n'avait aucune connaissance de l'algèbre comme le prouve les démonstrations purement géométriques dans ses traités de mécanique. Comme son maigre salaire ne suffisait pas pour satisfaire ses gouts de luxe et son amour des femmes, il devait gagner plus d'argent ; il inventa ou plutôt il modifia un instrument de mathématique pour dessiner des plans à l'échelle, un compas de proportions. Malin et habile vendeur il distribua puis vendit son instrument pour des usages à des fins militaires. Il engagea des artisans et put subvenir plus largement à ses besoins.

  Il acquit un peu par hasard un instrument inventé par des Hollandais composé de deux lentilles qui faisait voir les objets éloignés comme agrandis. Il fit aussitôt réaliser un exemplaire dans son atelier et s'attribua son invention. Mais comme on l'a déjà vu, il est habile et perfectionna l'instrument. Toujours opportuniste et surtout à court d'argent il fit le voyage de Venise et du haut du Campanile il fit voir aux édiles des bateaux en mer et des églises éloignées. Il offre évidemment son instrument aux dignitaires. Mais les possibilités, surtout militaires, lui permirent de vendre de nombreux exemplaires fabriqués suivant ses plans par des artisans verriers de Murano. La qualité de ses instruments lui assura une sorte de monopole.

  Mais Galilée a l'idée (géniale ?) de tourner sa lunette vers le ciel ; il observe la Lune, les étoiles et les planètes. Il retourne alors à Florence où il s'empresse de publier un petit ouvrage dans lequel il expose ses découvertes. Toujours opportuniste il nomme les satellites de Jupiter qu'il avait découverts, 'planètes médicéennes' et dédie son ouvrage au Grand-duc de Toscane Côme II de Médicis. Il reçoit le titre de 'Mathematicus de la cour' et une pension confortable. Il se consacre alors à des études de mécanique que je ne développerai pas ici.

  Il vieillit, laissa pousser sa barbe et renoua avec sa concubine restée tous ce temps à Florence. Il se maria et reconnut sa fille retirée dans un couvent. Ici commence sa controverse avec l'église. Il a publié un ouvrage résolument copernicien, la Terre tourne autour du Soleil, sacrilège ! Il est convoqué à Rome pour y être jugé comme impie. Galilée n'est pas courageux, il abjure. Il bénéficie de la clémence du Pape : il est assigné à résidence et interdit de toute publication. Quand on prononce sa peine, il se retourne et chuchote « E pur si muove » (Et pourtant elle tourne). C'est sans doute une légende pour faire croire que Galilée n'a pas renié ses idées.

  Il passe le reste de sa vie à Arcetri près de Florence et près de sa fille Marie-Céleste et dicte un dernier livre à son élève Viviani car il est devenu aveugle. Il est puni d'avoir trop scruté le ciel avec une lunette dont il s'était approprié l'invention.


Un texte savoureux non signé glané par hasard sur Internet, je ne parviens pas à retrouver le lien alors j'ai lâchement fait une copie d'écran:

4 Comètes au XVIIIe siècle, cliquez sur le lien:

Comètes au XVIIIe

5 Eclipses au XVIIIe Siècle, cliquez sur le lien:

Eclipses

    6 Le méridien au XVIIIe siècle cliquez sur le lien:

Le méridien au XVIIIe

7 Le Cancer et l'amas de la Crèche avec les observations de Galilée.

Francis MICHEL

26 mars 2017

La Crèche ou la Ruche ou la Mangeoire ou Praesepe ('mangeoire' en latin) The Beehive en anglais, M44 dans le catalogue de Messier. Cet amas se trouve dans le Cancer entre les étoiles Asellus Borealis et Asellus Australis, les deux ânes qui encadrent la mangeoire. Avant Galilée cet amas n'était mentionné que comme un petit nuage par Hipparque, Ptolémée, Aratus etc.

Position de l'amas au débute du printemps : plein Sud, assez haut, entre le Lion et les Gémeaux :

Et la photo fish-eye (toutes les photos ont été prises le 25 mars 2017, temps un peu brumeux, à Bruxelles). On voit tout juste quelque choes juste entre les gémeaux et le Lion. Comme d'habitude je conseille de copier l'image dans un logiciel ad-hoc.

Par un temps brumeux on ne voit pas le Cancer et encore moins la Crèche. Les deux étoiles au nord sont Castor et Pollux. A l'est Régulus. Les trois étoiles brillantes vers l'ouest sont Procyon Sirius et Bételgeuse.  Prenons une photo plus sensible : 

On commence à la voir entre le Lion et Les gémeaux. Rapprochons-nous encore un peu :

On voir les deux anes qui entourent la mangeoire. Rapprochons-nous encore un peu :

On voit les deux ânes qui entourent la mangeoire.

Que voit-on avec des jumelles dont le champ est 6° (classique pour les jumelles qui grossissent 7x) ?

Avec la lunette de Galilée (30x et ½ degré) :

On ne voit plus qu'une partie de l'amas.

Galilée a dessiné ceci, comparé à une simulation:

Evidement avec le champ si petit de sa lunette il a dû la bouger dans tous les sens pour dessiner l'amas bien plus grand que le champ. Essayons la comparaison avec un simulation de CyberSky : 

Ce n'est pas si mal !

Galilée a fait beaucoup mieux en observant les Pléiades. 

Qu'on peu superposer avec une simulation:

Terminons avec une amusante photo ou La Crèche est éclatée. Le zoom passe de 70 à 200mm pendant le pose:

.