GALILÉE DÉVOILÉ

Galilée Dévoilé

Francis MICHEL

19 février 2017

Quand je donne un cours d'histoire des sciences, je présente Galilée comme un savant révolutionnaire qui changea le cours de l'astronomie et même des sciences. Ses expériences de mécanique ont débouché sur l'énoncé de nouvelles lois qui ont initié les lois de Kepler et de Newton ? Son procès l'accusant d'être copernicien a été magnifié maintes fois au cours de l'histoire. Mais Galileo Galilei était aussi un homme ; il était opportuniste, avide de gloire et il aimait les femmes. Ce n'était pas le vieillard à longue barbe qu'on représente le plus souvent, mais un homme coquet et séduisant. Voici une histoire un peu iconoclaste de sa vie, pleine d'erreurs bien sûr mais c'est une ébauche de roman fruit de mon imagination qui s'inspire de faits réels sur lesquels je brode des anecdotes peut- être possibles mais sans sources bien documentées.

Le père de Galilée était un musicologue florentin. Curieux de tout, sa bibliothèque était riche d'œuvres notamment scientifiques. Son fils Galileo très précoce lisait ces ouvrages avec passion et décida d'être mathématicien. Les seules études qui menaient à la science c'était la médecine. Il menait une vie d'étudiant ne négligeant pas les beuveries. Il commença à pratiquer son art mais sans passion. C'est à cette occasion qu'il rencontra une femme, une riche veuve qui devint sa concubine avec laquelle il eut une fille. Mais l'occasion se présenta de devenir professeur de math à Padoue et il laissa sa famille à Florence. Sa fille faute de père prit Jésus comme modèle et rentra dans les ordres sous le nom de Marie-Céleste. Retirée dans son couvent elle se refugia dans l'amour du Christ. On n'entend plus parler d'elle avant la vieillesse de notre savant.

Galilée enseigne la géométrie d'Euclide comme c'était l'usage, il n'avait aucune connaissance de l'algèbre comme le prouve les démonstrations purement géométriques dans ses traités de mécanique. Comme son maigre salaire ne suffisait pas pour satisfaire ses gouts de luxe et son amour des femmes, il devait gagner plus d'argent ; il inventa ou plutôt il modifia un instrument de mathématique pour dessiner des plans à l'échelle, un compas de proportions. Malin et habile vendeur il distribua puis vendit son instrument pour des usages à des fins militaires. Il engagea des artisans et put subvenir plus largement à ses besoins.

Il acquit un peu par hasard un instrument inventé par des Hollandais composé de deux lentilles qui faisait voir les objets éloignés comme agrandis. Il fit aussitôt réaliser un exemplaire dans son atelier et s'attribua son invention. Mais comme on l'a déjà vu, il est habile et perfectionna l'instrument. Toujours opportuniste et surtout à court d'argent il fit le voyage de Venise et du haut du Campanile il fit voir aux édiles des bateaux en mer et des églises éloignées. Il offre évidemment son instrument aux dignitaires. Mais les possibilités, surtout militaires, lui permirent de vendre de nombreux exemplaires fabriqués suivant ses plans par des artisans verriers de Murano. La qualité de ses instruments lui assura une sorte de monopole.

Mais Galilée a l'idée (géniale ?) de tourner sa lunette vers le ciel ; il observe la Lune, les étoiles et les planètes. Il retourne alors à Florence où il s'empresse de publier un petit ouvrage dans lequel il expose ses découvertes. Toujours opportuniste il nomme les satellites de Jupiter qu'il avait découverts, 'planètes médicéennes' et dédie son ouvrage au Grand-duc de Toscane Côme II de Médicis. Il reçoit le titre de 'Mathematicus de la cour' et une pension confortable. Il se consacre alors à des études de mécanique que je ne développerai pas ici.

Il vieillit, laissa pousser sa barbe et renoua avec sa concubine restée tous ce temps à Florence. Il se maria et reconnut sa fille retirée dans un couvent. Ici commence sa controverse avec l'église. Il a publié un ouvrage résolument copernicien, la Terre tourne autour du Soleil, sacrilège ! Il est convoqué à Rome pour y être jugé comme impie. Galilée n'est pas courageux, il abjure. Il bénéficie de la clémence du Pape : il est assigné à résidence et interdit de toute publication. Quand on prononce sa peine, il se retourne et chuchote « E pur si muove » (Et pourtant elle tourne). C'est sans doute une légende pour faire croire que Galilée n'a pas renié ses idées.

Il passe le reste de sa vie à Arcetri près de Florence et près de sa fille Marie-Céleste et dicte un dernier livre à son élève Viviani car il est devenu aveugle. Il est puni d'avoir trop scruté le ciel avec une lunette dont il s'était approprié l'invention.